Considérations physiques autour du spin-casting
Le spin-casting (ou moulage par centrifugation) est une technique utile lorsque l'on souhaite créer une couche parfaitement circulaire dans un tube parfois non circulaire. Typiquement une couche d'isolation au centre de son moteur à ergols solides. L'excellent Joe Barnard l'a utilisé exactement à cet effet.
Vous avez dit parfaitement ?
Une pensée vient donc à l'esprit de tout bon physicien : comment cette technique peut-elle prétendre créer une couche uniforme ? Placé parfaitement à l'horizontale, il y aura sûrement plus de matière sur le bas du tube que le haut du tube ?

Ecoulement général
Notons que les approches qui suivent ne pourront pas décrire toutes les dynamiques du fluide tournant, qui change constamment de forme. Une analyse plus complète travaillerait en mécanique des fluides incluant à la fois viscosité, inertie et potentiels.
Le régime stationnaire hydrostatique
Un peu de mécanique sera donc de mise ! Supposons que le tube tourne dans des conditions telles qu'un régime hydrostatique stationnaire soit atteint, et que le fluide est parfait (supposition hautement douteuse puisqu'en général le spin-casting a pour but de répartir un fluide en cours de solidification).
Avec le repère circulaire tel que défini sur le schéma et un axe ascendant, étudions un point à la surface libre du fluide. Les potentiels s'appliquant sur le fluide sont le potentiel centrifuge et le potentiel gravitationnel.
La surface est en état stationnaire donc équipotentielle :
En voilà une belle équation différentielle ordinaire ! Posons . Notons d'ailleurs que lorsque l'effet centrifuge est assez fort pour assurer l'existence de liquide à la verticale : le fluide tourne assez vite pour compléter le "looping".
Cas des petites perturbations
Si les perturbations dues au poids sont faibles devant le rayon de la surface du fluide, on déduit l'équation simplifiée :
Quelle élégance !
Cas général
L'équation générale est bien délicate puisque non-homogène non linéaire à coefficients non constants. Néanmoins elle est du premier ordre et exacte. Il se trouve que l'on peut résoudre par une méthode intéressante. D'abord, réécrire sous forme la exacte :
La solution d'une telle équation exacte est paramétrée par une variable :
En évaluant en , on en déduit que la solution négative est irréalisable (). On pose
Je trouve intéressant de voir le terme d'ordre 1 si clairement séparé alors que les ordres suivants (qui sont tous pairs !) sont issus de la même expression (la racine).

Lien avec les marée
C'est avec un certain effroi que je me rends compte que j'ai ici crée ce qui pourrait être un sujet de colle, de plus très calculatoire. Néanmoins, pour les nostalgiques de la prépa qui se rappellent de leurs cours sur les marées (petit rappel), nous avons globalement réalisé l'exercice avec une force centrale répulsive, et une perturbation uniforme, et nous trouvons tout de même un effet symétrique (ordre 2).
A l'inverse, notons que les marées ne présentent pas d'ordre premier, et pour une très bonne raison : l'ordre premier est impaire (merci Sherlock), et donc déplace le centre de masse du liquide. Cette perturbation dans le cadre des marrées est encodée dans le fait que les corps orbitent le barycentre du système.
Le régime stationnaire visqueux
Ce paragraphe est hautement basé sur le théorème de l'espoir / le jugement, il convient de se limiter à des conclusions qualitatives.
En réalité, les fluides observés peuvent être en régime inertiel.